Lot n° 343
Estimation :
600 - 800
EUR
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: 5 200EUR
Alessandro VOLTA. - Lot 343
Alessandro VOLTA.
Lettre autographe signée à « très révérend père » [peut-être le Père Carlo Barletti, son prédécesseur à l'Université de Pavie]. 4 pp. in-4. Côme 20 janvier 1775. En italien. Documentation jointe sur Volta et cette lettre (transcription, traduction, correspondance).
Magnifique lettre scientifique sur les phénomènes électriques. « […] Pour dire vrai l'idée de l'auteur de rapporter à la chimie les phénomènes électriques est belle, elle est grande et devrait mener à la vérité, mais une telle conception me contrarie singulièrement, bien que je m'en sois approché dans ma première dissertation « de viribus attractivis fluidi elettrici » que j'espère pouvoir vous envoyer, et dans la seconde « novus » dans laquelle j'étais tout prêt de faire jouer les forces mutuelles des particules des corps, ces forces n'étant pas différentes des affinités chimiques qui, elles aussi, ne sont pas des forces mécaniques… Mais je dois confesser que je saurais comment procéder, ne sachant si l'auteur veut établir trois substances diverses : le feu élémentaire volatile, le feu fixe et le feu électrique qui tient de l'un et l'autre, ou s'il réduit ces différences à des modifications d'une seule et même substance. Il me faut faire une autre observation à ce sujet : les phénomènes ne cadrent pas avec l'hypothèse. Par exemple, l'auteur semble vouloir conclure que le frottement fait passer le fluide électrique d'un des deux corps dans lequel il abonde, en celui qui en possède peu… ceci est ouvertement démenti par les faits. Avant d'en avoir fait l'expérience, je penchais pour une telle hypothèse, estimant que le verre reçoit de la main parce que le verre par nature manque de fluide électrique, et qu'au contraire le souffre et les résines donnent du fluide à la main parce qu'ils en sont saturés. J'avais exposé cette opinion au professeur P. Maria qui ne m'approuva pas. Moi-même depuis je l'ai abandonnée pour des raisons qu'il m'a indiquées et plus encore par mes propres expériences sur la soir. Le verre ne reçoit pas toujours du fluide en le frottant, ni de tous les corps. Si on en rend la superficie rugueuse, le verre donnera du fluide à la main ou au chiffon qui le frotte, et même sans le rendre rugueux, j'ai observé qu'il donnait du fluide si on le frottait contre le dos d'un chat vivant… Un ruban de soie (j'en ai fait plusieurs fois l'expérience) donnera du fluide à un morceau de bois ou de métal bien lisse, et il en recevra ensuite de ces mêmes morceaux si on en frotte quelque partie rugueuse […] ».
Provenance : collection Fatio. Une note dactylographiée sur la provenance de cette lettre est jointe. « La lettre provient de la collection Fatio ([…] dont la collection fut vendue à Paris par la Maison Charavay en janvier et en juin 1932 ; à cette vente (celle de janvier), la lettre fut achetée par M. Degrange par un client M. de Gentili, également italien. La collection de M. de Gentili a été vendue à Genève en 1956, c'est là que nous l'avons à notre tour achetée ».
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