OEuvre collaborative de membres de l'ARTISTS INTERNATIONAL A - Lot 72

Lot n° 72
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OEuvre collaborative de membres de l'ARTISTS INTERNATIONAL A - Lot 72
OEuvre collaborative de membres de l'ARTISTS INTERNATIONAL ASSOCIATION dont Mary ADSHEAD (1904-1995), Stephen BONE (1904-1958), Nan YOUNGMAN (1906-1995), Betty REA (1904-1965), Clifford ROWE (1904-1989), Elisabeth WATSON (1906-1955), Edith SIMON (1917-2003) et Helen SAMPSON (1885-1976) Carte de l'Île-de-Ré, décor pour la pension l'Oasis, 1938 Huile et crayon noir sur deux panneaux, signée, baguettes d'encadrement et renforts au verso. H. 100 cm - L. 350 cm (hors tout) On joint un ensemble d'archives en lien avec la pension l'Oasis dont des photographies de Madame Hyan et sa fille Carmen, un cahier de compte et un tapuscrit de trois pages "Extraits de quelques lettres de clients anglais de 1938 et 1939" contenant notamment les témoignages sur les séjours de Clifford Rowe (1904-1989) et d'Yvonne Kapp, alias Yvonne Cloud (1903-1999). Provenance : - Maurice Joseph (1885- 1974) et Madeleine (1886- 1989) HYAN, propriétaires de la pension l'Oasis au Bois-Plage-en-Ré (Île-de-Ré). - Carmen HYAN (1912-2004), fille des précédents. - Collection particulière, France, par héritage de la précédente. Bibliographie : Lynda MORRIS et Robert RADFORD, "AIA, the story of the Artists International Association, 1933-1953", Oxford, Museum of Modern Art, 1983, p. 51 (repr.). L'œuvre présentée ici est le témoignage d'une éphémère colonie d'intellectuels britanniques de l'Artists International Association qui partit en villégiature sur l'Île-de-Ré durant l'été 1938. Ce décor, peint à plusieurs mains, ornait leur pension « L'Oasis » où ils passèrent leur dernier été d'insouciance avant l'éclatement de la Seconde Guerre Mondiale. L'Artists International Association (AIA) fut une organisation artistique britannique fondée en 1933, dans un contexte de montée des tensions politiques en Europe. Elle rassemblait des artistes engagés souhaitant mettre leur pratique au service de causes sociales et politiques, notamment la lutte contre le fascisme et le soutien aux mouvements ouvriers. L'AIA se distinguait par son ambition de rendre l'art accessible à un large public, en organisant des expositions, des conférences et des événements ouverts, souvent à vocation éducative. À travers ses activités, elle a joué un rôle important dans la diffusion d'un art engagé au Royaume-Uni, favorisant les échanges entre artistes et renforçant les liens entre création artistique et conscience sociale. L'AIA fut active jusqu'en 1953, à partir de cette date son organisation et ses objectifs furent modifiés, abandonnant ses sympathies communistes pour se recentrer sur l'organisation d'évènements culturels jusque vers 1957. En 1938, l'AIA participa à l'organisation d'une célèbre exposition à Londres intitulée « Twentieth Century German Art » dont l'objectif était d'accueillir les artistes allemands alors persécutés par le régime Nazi et sa théorie de « l'Art dégénéré ». Parallèlement à ceci, l'association eut à cœur, dans son rôle social, d'organiser des vacances pour ses membres : c'est ainsi qu'une colonie d'artistes britanniques de l'AIA parti en villégiature au Bois-Plage sur l'Île-de-Ré. La famille Hyan possédait une pension dans le village du Bois-Plage. Maurice Joseph Hyan, accompagné de son épouse Madeleine et de sa fille Carmen, accueillaient les vacanciers dans leur établissement qui proposait aussi une boutique de souvenirs. Parmi les membres de l'AIA qui en firent leur repère furent Mary Adshead accompagnée de son mari Stephen Bone, Clifford Rowe, Edith Simon, Betty Rea ou encore Nan Youngman. C'est ainsi que l'Oasis devint, le temps de l'été 1938, le lieu de villégiature d'artistes britanniques engagés politiquement. Notre important décor témoigne de l'ambiance de cette joyeuse colonie : les couplets de leur hymne évoquent la jeune Carmen Hyan, alors âgées de 26 ans, « qui est bien meilleure que la plupart des barmen », son portrait apparait également au centre de la composition, derrière son comptoir. Apparaissent aussi les poncifs de l'Île-de-Ré : un âne culotté (les paysans rhétais prenaient l'habitude de faire revêtir à leurs ânes un « pantalon » pour les protéger des piqûres d'insectes et du sel), les escapades à vélo, la plage, les trajets en bus et également le clocher du Bois-Plage. La politique n'est jamais loin avec la représentation idyllique de la colonie communiste Henri Barbusse, qui accueillit sur l'île des enfants de réfugiés républicains espagnols. Ce grand panneau décoratif est parcouru de multiples signatures qui témoignent du nombre d'artistes et de sympathisants de l'AIA qui concoururent à sa réalisation pour décorer l'Oasis. Elles sont facétieusement disséminées dans toute la composition : ainsi le nom du peintre Stephen Bone (qui accompagnait son épouse Mary Adshead et leur fils ainé) apparait dans la trainée d'échappement d'un bus de vacanciers, Nan Youngman signa discrètement l'a
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