André Kostolany (1906-1999) avait un célèbre credo en matièr - Lot 0

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André Kostolany (1906-1999) avait un célèbre credo en matièr - Lot 0
André Kostolany (1906-1999) avait un célèbre credo en matière d'investissements financiers qu'il appelait « Les 4 G » : l'argent (« Geld »), la chance (« Glück »), la patience (« Geduld ») et de bonnes idées (« Gute Gedanken »). Figure aussi médiatique que mystérieuse, notre homme expose ici à travers sa collection personnelle - et celle de son épouse née François Roussel (1937-2025) - ses « 4 G » : à n'en pas douter ils firent chacun preuve de ces quatre qualités pour réunir une collection dont l'un des fleurons reste son chapitre dédié aux artistes hongrois des XIXe et XXe siècles. Né en Hongrie dans une famille de distillateurs et collectionneurs juifs, le jeune André se destinait dans un premier temps à la philosophie et à l'Histoire de l'Art, études qu'il menait parallèlement à sa passion pour la musique classique. Mais la volonté paternelle l'envoya en 1924 à Paris pour occuper un poste d'agent de change. Ses amours artistiques de jeunesse devinrent pour lui un « violon d'Ingres » et il dédia alors sa carrière à la finance. Débutèrent alors ces « années folles » parisiennes où le jeune Kostolany mena une ascension brillante par-delà le krach de 1929. La Seconde Guerre mondiale vint mettre un terme à cette première période, notre financier choisit de se réfugier aux États-Unis afin de fuir les persécutions. Un an après, en 1941, il est nommé directeur général et président de la société G. Ballai and Co Financing Company, New York devint sa nouvelle patrie avec pour épicentre la bourse de Wall Street et ce durant 10 ans. Les années 1950 et la reconstruction européenne furent pour lui l'occasion de revenir à Paris et d'installer un bureau à Munich en Allemagne. S'ouvre dès lors une nouvelle page de sa vie de financier international, où au gré des investissements, il connut plusieurs fois la fortune et la ruine. C'est à partir de ces années 1960 qu'il prit l'habitude d'écrire dans la presse, rapidement il publia des ouvrages de vulgarisation économiques qui connurent un grand succès, aidé dans sa rédaction par sa femme Françoise (La Grande confrontation en 1959 ; Si la bourse m'était contée en 1960 ou encore L'aventure de l'argent en 1973). Il s'éteindra à l'âge de 93 ans aux côtés de son épouse à Paris, cette ville qui vit ses premiers « coups » boursiers durant l'entre-deux guerre. Françoise Kostolany avait accompagné son flamboyant mari dans toutes ses pérégrinations et fut l'auteur de plusieurs ouvrages notamment l'un dédié aux diamants (1992). Veillant jusqu'à sa mort en 2025 sur leur collection, elle décida d'offrir le produit de la vente de cette dernière à de bonnes œuvres. La famille d'André Kostolany était déjà versée dans les arts à sa naissance avec notamment son oncle paternel Gyula Kostolányi Kann (1868-1946). La figure de cet architecte de formation qui devint peintre plane sur l'ensemble présentée ici. En effet, certains tableaux de la collection d'André lui proviennent de son oncle Gyula et constituèrent à n'en pas douter un premier noyau que notre financier prit soin d'enrichir tout au long de sa vie. Les amitiés artistiques de Kostolányi Kann, élève de Bertalan Karlovszky (1858-1938) et de Simon Hollósy (1857-1918), furent aussi riches que nombreuses. Il construisit notamment le Kelenhegyi-úti Studio-Berház à Budapest où József Rippl-Rónai (1861-1927) et Béla Adalbert Czóbel (1883-1976) entre autres peintres, installèrent leur atelier d'artiste. RipplRónai réalisa plusieurs portraits de son ami dont l'un, daté de 1913, est conservé au Musée Rippl-Rónai à Kaposvár (N° inv. MT_K_55.76.). Enfin, notons que Kostolányi Kann fut l'un des dix-sept membres fondateurs du Cercle des impressionnistes et naturalistes hongrois (MIÉNK) en 1908. La collection présentée ici brille par son éclectisme et reflète la vie trépidante du couple Kostolany : des écrins de Madame aux objets sur le thème de la bourse rassemblés par Monsieur, l'amateur s'émerveille du magistral ensemble constitué autour de la peinture hongroise de la fin du XIXe siècle. József Rippl-Rónai côtoyait sur les murs de leur appartement Vilmos Aba-Novák (1894-1941) et Károly Ferenczy (1862-1917), pour ne citer qu'eux, recréant ainsi l'atmosphère délicate et intellectuelle des derniers feux de l'Empire Austrohongrois où évoluèrent ces artistes. La bibliothèque d'André Kostolany constitue un témoignage rare de la curiosité insatiable d'un esprit où se mêlent finance, histoire, satire et culture humaniste. Loin de se limiter aux traités boursiers classiques, ce fonds reflète une passion profonde pour les origines morales, politiques et psychologiques du commerce et de l'argent, abordées à travers des ouvrages anciens, souvent rares, parfois iconoclastes, toujours révélateurs de leur époque. On y découvre une multitude de sujets comme l'histoire du commerce et des grand
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