[Tsuguharu FOUJITA (1886-1968)] - Lot 132

Lot n° 132
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[Tsuguharu FOUJITA (1886-1968)] - Lot 132
[Tsuguharu FOUJITA (1886-1968)] Réunion de deux (2) courriers manuscrits adressés par l'artiste à l'architecte Pierre-Alain Sabatier en 1965 et 1966. -Une carte postale japonaise représentant un groupe de skieurs dans un paysage enneigé adressée le 5 janvier 1965 : « Cher Monsieur et ami, Merci, je suis très touché de votre vœux. Je vous souhaite également bonne année 65. Encore merci pour votre rapport à propos de la chapelle, et bien étudier et merci votre conseil [sic]. Très amicalement et mes hommages respectueux . Villiers-le Bâcle. L. Foujita » -Une lettre sur feuillet libre en date du 3 janvier 1966 pour les vœux de la nouvelle année On joint également la copie d'un manuscrit de trois pages rédigé par Pierre-Alain Sabatier relatant l'aventure de son projet de chapelle pour Foujita, illustré de plans et des photographies de la maquette de l'édifice. DV À la fin de l'année 1964, Pierre-Alain Sabatier est mis en relation avec le collectionneur Georges Prade, ce dernier est un proche de René Lalou, président des Champagnes Mumm et parrain de Léonard Foujita lors de son baptême, prononcé à dans la cathédrale de Reims, le peintre étant alors âgé de 73 ans. Très investi dans une foi mystique, Foujita aspire à faire édifier une chapelle destinée à accueillir ses peintures et fresques. Ce projet, financé par les champagnes Mumm, est alors confié à Pierre-Alain Sabatier. Après avoir envisagé une implantation à Villiers-le-Bâcle, à proximité de la résidence de l'artiste, le choix se porte finalement sur la ville de Reims avec un financement de la marque de champagne Toutefois, des divergences apparaissent rapidement entre les conceptions de l'artiste et de l'architecte. Si Sabatier défend une approche contemporaine de l'édifice, Foujita aspire à une chapelle romane d'une grande simplicité, afin de mettre pleinement en valeur son œuvre picturale. Malgré plusieurs tentatives de conciliation, Foujita rejette les propositions modernes, conduisant à l'abandon du projet. En témoignage de sa reconnaissance, il offre discrètement à Sabatier une gouache figurant une petite fille en prière. Un autre architecte réalisera cette chapelle conforme aux souhaits de Foujita et ce n'est que plus tard, en découvrant la chapelle des Scrovegni de Giotto à Padoue, que Sabatier saisira la vision de l'artiste : celle d'un édifice sobre, au service d'un décor peint d'exception : un « écrin pour ses œuvres ».
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