ARMOIRE SIMULANT UN MEUBLE À DEUX CORPS PAR THOMAS HACHE - Lot 138

Lot n° 138
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Estimation :
20000 - 25000 EUR
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Résultat : 22 000EUR
ARMOIRE SIMULANT UN MEUBLE À DEUX CORPS PAR THOMAS HACHE - Lot 138
ARMOIRE SIMULANT UN MEUBLE À DEUX CORPS PAR THOMAS HACHE Ouvrant à deux grandes portes, séparées horizontalement par deux réserves à moulure en bois noirci, marquetées de draperies, rinceaux feuillagés et cornes d'abondance, qui simulent les tiroirs des meubles à deux corps ouvrant à quatre portes et délaissés progressivement au profit des armoires à deux grandes portes. Riche marqueterie sur les portes de rinceaux feuillagés dans des écoinçons trilobés, autour de quatre médaillons à moulure en bois noirci octogonaux, marquetés de fleurettes et rinceaux feuillagés autour d'un monogramme dit de fantaisie sur un socle et surmonté de draperies sommées d'une couronne de marquis marquetée d'ornements à l'imitation de pierreries, teintés en rouge et en vert. Marqueteries en partye, en bois clair ombré au sable chaud pour donner du relief, sur fond de bois teinté et de bois noirci, dans des entourages de bel olivier veiné, en façade et sur les côtés ornés de filets formant rectangles. Filets en mûrier. Sur la traverse supérieure, frise marquetée de rinceaux feuillagés et feuilles d'acanthe autour d'une figure masculine, similaire à celles que l'on rencontre sur plusieurs armoires de mariage à scagliola de Thomas Hache, et de part et d'autre, petits cartouches enfermant fleurs en bois teinté rouge et vert, les côtés ornés d'un cartouche marqueté en contrepartye de palmes et rinceaux feuillagés surmontés d'une couronne de comte. Bâti en sapin, intérieur des portes en noyer et filets formant rectangles, reposant sur quatre pieds boule en bois noirci. Thomas HACHE (Toulouse 1644- Grenoble 1747), Chambéry, vers 1685-1690 H. 199 cm - L. 143 cm - P. 62 cm Quelques fines fentes et craquelures, entrées de serrure, platine et clef rapportées. Ce modèle sera reproduit dans le tome II du livre « Le génie des Hache », P. et F. Rouge, Faton 2005, à paraître prochainement aux Editions Faton. UN MODÈLE DE TRANSITION IMAGINÉ PAR THOMAS HACHE Quelques commanditaires de Thomas Hache semblent avoir été particulièrement attachés à l'armoire ouvrant à quatre vantaux, appelée aussi meuble à deux corps dont la Fondation Bemberg à Toulouse conserve un modèle superbement marqueté par le fils de Noël Hache, ébéniste de Calais installé à Toulouse au milieu du XVIIè siècle. Mais ces meubles à deux corps passent de mode au moment où Pierre Gole (v. 1620-1684), ébéniste du roi, invente l'armoire ouvrant à deux grandes portes et que Thomas Hache reprend à son compte avec le brio de marqueteur que l'on sait, dès son installation à Chambéry, capitale administrative du Duché de Savoie, soit vers 1685. Sur ce modèle, qui fait figure de prototype et demeure inconnu chez les autres ébénistes français, Thomas Hache innove bien avec deux grandes portes mais renvoie au passé par le procédé illusionniste des réserves rectangulaires, moulurées et marquetées, qui évoquent les tiroirs du corps inférieur des meubles à deux corps, en étant placées au milieu de chaque vantail. Il s'agit du troisième modèle de ce type connu à ce jour, le second portant les armes des Mazenod et de Thomas, deux familles de la noblesse d'Aix-en-Provence et de Marseille, alliées en 1696, et dont le décor est très proche. Un autre modèle comporte, quant à lui, un décor de bouquets de fleurs plus proche de ceux des armoires de mariage de Thomas Hache et a abandonné les médaillons moulurés en bois noirci. La frise de la corniche est caractéristique de la manière de Thomas Hache, et reprend, au centre, le motif du jeune homme tenant des rinceaux feuillagés dont il émane, et que l'on retrouve sur trois autres armoires richement marquetées de fleurs (ibidem, pp. 84-85, 88-89 et 97). Enfin, le montage de cette armoire est intéressant car la partie supérieure formant le chapiteau (comprenant les moulures de la corniche et la frise de la traverse haute), n'est pas encore rendu amovible, comme l'attestent les queues d'aronde fixant le dessus (c'est d'ailleurs le cas sur le modèle aux armes des Thomas et des Mazenod), alors que les chapiteaux de ses armoires en marqueterie de fleurs sont fixées par des chevilles et démontables. Françoise ROUGE, expert près la cour d'appel de Paris, 06 03 93 23 76
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