Reliquaire Fang, Gabon - Lot 98

Lot n° 98
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Estimation :
4000 - 6000 EUR
Reliquaire Fang, Gabon - Lot 98
Reliquaire Fang, Gabon Bois, écorce H. 66 cm Provenance : Collection Rachel Montagut, Barcelone Collection Paco diaz, Madrid Répandu à travers le pays Fang, aussi bien au Sud-Cameroun, qu'au Gabon et en Guinée équatoriale continentale, le culte des reliques des défunts illustres de la famille constituait un des piliers rituels majeur de la société. Ni Mebere créateur pour les Fang, ni Nzamé, héros primordial, n'étaient honorés rituellement, seuls les ancêtres recevaient offrandes et prières à qui on demandait l'akam, l'aide et la protection. Le byeri était consulté avant un moment important pour aider à prendre une décision, avant les mariages ou la guerre. Parmi les éléments essentiels du Byéri figurent les coffres cylindriques contenant les ossements des ancêtres, ainsi que les plantes magiques, médicinales permettant de lutter contre le mauvais esprit. Surmontées d'un gardien qui était fixé au couvercle comme sur cet exemplaire, elles permettaient, comme l'explique Louis Perrois, de se protéger de bivous, esprits mauvais et néfastes errants. « Toute sortes de moyens collectifs et individuels, et notamment les médicaments magiques » était utilisés. La magie licite et la divination avaient pour but de contrer, de chasser le bivous issus des nném. Pratiqué par les ngengang, habiles à manipuler les forces suprêmes, et l'élan vital de toutes ces choses créées par Mebere la magie des devins guérisseurs, imprégnée de croyances magiques se basait sur la médecine traditionnelle à base de plantes « actives ». Représentatif de la création sculpturale fang, cette statue masculine surmontant sa boîte cylindrique en écorce se rattache au corpus des gardiens de reliquaire, ces statues d'ancêtres connues sous le nom d'eyema-byeri. Utilisée dans le cadre de cultes ancestraux, elle était destinée à contenir les reliques des plus illustres ancêtres du lignage. Son rôle était de garder, de conserver les précieuses reliques lignagères afin de les protéger de tout sacrilège. Ces ensembles de reliques (ekokwe nlo) étaient constitués de différents prélèvements d'ossements effectués sur les plus prestigieux défunts du clan (essentiellement crânes entiers ou calottes crâniennes, fémurs, phalanges, vertèbres, dents) auxquels étaient parfois mêlés des bijoux, des plantes et autres éléments considérés comme magiques. Le personnage assis sur sa boîte dans une stature figée aborde une gestuelle solennelle, digne et cérémonielle rendue par la gestuelle de ses mains portées vers l'avant soutenant un contenant très dignement. Le visage aux traits puissants et austères comme pour défier le mauvais esprit de s'approcher. Belle patine noire profonde.
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