Statue Baule, Côte d'Ivoire - Lot 21

Lot n° 21
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Estimation :
3000 - 5000 EUR
Statue Baule, Côte d'Ivoire - Lot 21
Statue Baule, Côte d'Ivoire Bois H. 41 cm Provenance : Collection Maine Durieu, Paris, France Célébrée, reconnue et élevée au rang d'arts premiers les plus appréciés des occidentaux, la statuaire Baoulé a su conquérir les esthètes du monde entier pour sa symbolique, sa délicatesse de modelé, sa puissante et fascinante paisibilité dont elle est animée. Parmi les modernistes, Vlaminck fut l'un des premiers à y succomber. Elle serait la représentation dictée par le devin, le komyienfwé, « d'un génie de la brousse » sous la forme et les traits d'un humain correspondant aux critères iconographiques classiques de beauté Baoulé. Intermédiaires avec les forces naturelles et surnaturelles, conçues comme un réceptacle, un lieu de résidence pour les esprits, les asye usu permettaient aux hommes, et au devin lui-même, de les apaiser, de les honorer et de communiquer avec eux. Incarnant l'esprit de la nature, l'art remplissait une fonction supérieure destiné à : « surmonter l'instinct, l'irrationnel, dépasser le désordre du monde pour inscrire dans des plans nets, des contours précis, un équilibre, dominer l'impulsivité, immobiliser l'esprit volatile, lui fixer la contrainte d'une mesure, d'une musicalité. […] Imposer à un être indocile et turbulent une architectonique, une densité, des lignes harmonieuses, doucement incurvées » (Boyer, Baulé, 2008, pp. 33-34). Les coiffures élaborées, ici minutieusement ouvragée striée, s'étendant vers l'arrière en une belle et longue natte tressée, ainsi que les scarifications raffinées animant le buste et le ventre, et le dos étaient selon Susan Vogel « signes de la personne civilisée » exprimant le fait que « les énergies autrefois sauvages et destructrices travailleront désormais pour le bien de leur hôte humain » (Du visible à l'invisible, p. 237). Métaphore de sa clairvoyance et de son dialogue avec l'invisible, ses yeux en grain de café, finement plissés semblent entrouverts le regard porté sur le monde visible, et l'invisible intériorisé est ainsi symbolisé. Sublimation des forces sauvages de la nature, elle s'affirme dans l'harmonie du visage aux traits idéalisés. A la force de la symbolique répond la beauté, plus la statue était belle, plus l'esprit était bienveillant. Ses formes se complètent, se reflètent dans une harmonie parfaite. Les lignes anguleuses ; des petits seins pointus, des genoux et coudes pliés, contrastant savamment avec la douceur de l'ovale du visage, avec la rotondité du ventre exacerbée, sur lequel ses mains sont soigneusement posées suggérant ainsi la fertilité, contribuent au rythme de la composition. Ses galbes tout en rotondité correspondant aux critères de beauté Baoulé, sa taille, ses mollets et ses cuisses sont nettement marqués et accentués. Puissante expressivité du visage renforcée par le minutieux traitement de ses traits dont les pourtours et contours sont soulignés avec soin. Sa large bouche aux lèvres épaisses aplanies, de forme rectangulaire, lui confère un air sérieux et austère. Le petit nez fin triangulaire, aux narines épatées- dénotant un souci de naturalisme - est relié aux arcades sourcilières fines sculptées en arc de cercle en relief. Arcades et cernes reliées, l'ensemble encadrant le regard, intensifiant sa saisissante « réflexion introspective » (Vogel, Baulé : African Art, Wester Eyes, 1997, p. 28), lui conférant une allure profondément méditative.
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