
Ariane Prokhoroff (1926–2018)
Une figure discrète et essentielle de la peinture lyonnaise
Vente Online - du lundi 13 au dimanche 19 avril 2026 - Paris
Née à Lyon le 3 avril 1926 dans une famille d’émigrés russes « blancs », Ariane Prokhoroff grandit dans un environnement fortement marqué par la culture orthodoxe russe. Élevée en grande partie par sa grand-mère, elle reçoit très tôt une formation artistique nourrie de dessin, de musique et de traditions familiales. Élève brillante, elle entre à seulement 15 ans à l’École des Beaux-Arts de Lyon, où elle côtoie ceux qui formeront le noyau de l’École lyonnaise de peinture : André Cottavoz, Jacques Truphémus, Jean Fusaro, Lachièze-Rey ou encore Jean Millet, qu’elle épouse en 1946.
En 1945, elle obtient le Premier prix de la Ville de Lyon pour
La Crucifixion, aujourd’hui conservée au Musée des Beaux-Arts. Sa carrière est cependant brutalement interrompue dans les années 1950 par une tuberculose sévère qui l’éloigne durablement de la peinture et marque une période sombre de son œuvre.
À partir des années 1960, rétablie et installée dans la région roannaise, Ariane Prokhoroff reprend intensément la peinture. Inspirée par de nombreux séjours en Provence, sur le littoral ou en Bretagne, elle développe une œuvre profondément attachée au paysage, à la lumière et aux nuances subtiles de la couleur. Entre 1967 et 1976, elle expose avec succès à Paris à la galerie Transposition, recevant des critiques élogieuses dans la presse spécialisée. Elle participe également régulièrement au Salon du Sud-Est à Lyon et expose à Lyon, Roanne et dans toute la région Rhône-Alpes jusqu’aux années 2000
Peu soucieuse de reconnaissance commerciale, elle peint avant tout par exigence intérieure, privilégiant la « nuance » et la fidélité à la sensation. Les critiques soulignent une peinture exigeante, héritière de Cézanne pour la structure, de Bonnard pour la poésie, et proche par l’esprit de Truphémus ou Cottavoz, tout en restant profondément personnelle.
Son amitié indéfectible avec Jacques Truphémus témoigne de son attachement durable à l’École lyonnaise, dont elle demeure l’une des figures les plus discrètes mais les plus cohérentes. Après le décès de son mari en 2013, elle reprend brièvement la peinture avant de s’éteindre le 15 novembre 2018 à Roanne.
Aujourd’hui, son œuvre est conservée dans plusieurs musées régionaux — à Lyon, Roanne et Villefranche-sur-Saône — rappelant la place singulière d’Ariane Prokhoroff dans le paysage artistique rhodanien : celle d’une peintre de la retenue, de la lumière et de la fidélité à la peinture elle-même.
INFORMATIONS SUR LA VENTEAtelier Ariane Prokhoroff (1926-2018)Vente Online : catalogue disponible le 13 avril
Possibilité d'enchérir
du lundi 13 au dimanche 19 avril à 20hClôture des enchères dimanche 19 avril à 20h
Exposition publique :Du mardi 14 au vendredi 17 avril, de 10h à 12h et de 14h à 18h
132 boulevard Raspail, 75006 Paris
Commissaire-priseur :Hugues VUILLEFROY de SILLY
Responsable de la vente :Léna DRUELLE
Renseignements :paris@debaecque.fr
Retrait des lots :132 boulevard Raspail
75006 Paris