Une Exceptionnelle Guanyin, assise en position de méditation, Chine - SONG (960-1279)

Vente à Lyon, le jeudi 29 avril 2021 - Arts d'Asie 



CHINE - Période de la dynastie SONG (960-1279) 
Exceptionnelle Guanyin, dit "Bodhisattva Avalokitesvara", assise en position de méditation.
Grand sujet en bronze à patine noire, anciennement doré (traces subsistantes au dos). Probablement anciennement posé sur un socle, l'intérieur creux, petits manques de fonte d'origine.
Milieu du XIe siècle, période de la dynastie Song du Nord, travail de la capitale Kaifeng d'inspiration Liao.
H. 51,5 cm
Estimation : 50 000 / 80 000 €
Expert : Akio SETO 
 

Guanyin se présente ici en position de méditation, assise "en lotus", ses jambes repliées et dissimulées sous son ample vêtement retombant assez largement sur l'avant. Le pouce et l'index de sa main droite se joignent pour former le geste de protection contre les esprits et pensées malveillants, tandis que sa main gauche présente une boule de cristal de roche, symbole de richesse.
Son visage aux joues tombantes présente un aspect imposant, dont la sévérité est atténuée par la douceur des traits du visage. Les oreilles au lobe allongé complètent le registre classique de la physionomie Song, tandis que la coiffe simple et la forme particulière du visage dénotent une influence stylistique originale des dynasties Liao ou Tang, typiques du style vestimentaire Kaifeng.
Le centre de son front est incrusté d'une bille de cristal de roche représentant l'Urna, le "troisième œil" bouddhique, dont on peut en interpréter ici la symbolique spirituelle dans le choix de cette pierre particulièrement importante dans la culture chinoise. On en retrouve également la représentation dans les bijoux d'ornement, notamment le collier de buste et les boucles d'oreilles, où l'Urna apparaît dans un entourage de pétales de lotus stylisées. 
 
Provenance: 
- Collection de l'artiste Marcel Avril (1887-1944), peintre du groupe Témoignage et père du peintre Armand Avril.
- Collection de l'artiste Armand Avril.
- Par descendance, collection privée, Lyon.
 

Déesse de la miséricorde et de la compassion, Guanyin devient sous la dynastie Song la divinité bouddhique la plus fréquemment représentée en sculpture, objet d'une dévotion populaire particulièrement importante.
Les rares représentations de Guanyin datant de la période Song se trouvent principalement en bois polychromé, souvent en position de délassement royal. Les exemplaires en bronze sont beaucoup moins courants : notre œuvre, particulièrement importante par ses dimensions, ses propriétés stylistiques et son exceptionnelle qualité d'exécution et de conservation, en est un rare et précieux témoignage dont l'affectation initiale à un temple de prestige ne fait aucun doute.
 




Informations & renseignements : lyon@debaecque.fr 

Autres lots phares de la vente : 
 

CHINE - Période QIANLONG (1735-1796)
Sceau impérial en jade céladoné, la prise à forme de deux dragons dos à dos
Le cachet carré signé en huit lettres "Droit à une récompense impériale"
Début du XVIIIe siècle
H. 9 cm - L. 9 cm - P. 9 cm                                                                                                   
Restauration datant probablement de l'époque Quianlong 

Estimation : 20 000 / 30 000 €





CHINE du Sud - Période de la dynastie YUAN (1271-1368)
Rare bol en porcelaine épaisse, à décor émaillé bleu dit "mahométan" sous couverte.

Exceptionnel témoignage de la grande habileté technique et artistique des céramistes Yuan, cette pièce d'usage probablement domestique l'est notamment en tant qu'un des premiers exemples de l'utilisation du bleu de cobalt sous couverte. Aussi appelé "bleu mahométan", surnom qui rappelle l'origine moyen-orientale de ce précieux oxyde très prisé des artisans chinois, c'est en effet sous la dynastie Yuan que ces derniers parviennent à fixer le célèbre décor " bleu et blanc ". Porté par la forte demande à l'exportation, notamment ottomane, ce type de décor connaît un succès commercial immédiat, et contribue à encourager l'essor de la porcelaine chinoise pour les siècles à venir.

Le décor en bleu est réalisé à l'économie, en raison de la relative pénurie de cobalt importé. Le bleu est diffus, sur fond d'un aspect légèrement crémeux. On y voit apparaître deux dragons primitifs parmi des motifs de vagues et fleurs stylisées à l'extérieur, tandis que l'intérieur dévoile un bateau au pêcheur centré d'un arbre. Le trait est stylisé, d'un sujet presque naïf, dans la tradition contemplative des poèmes Song et Yuan.

Le corps du bol est de facture assez épaisse et irrégulière, de base concave, en raison d'un modelage et d'une fabrication à la main dans la tradition du façonnage des grès porcelaineux Song. Le talon exempt de glaçure est d'ailleurs un archaïsme subsistant de ces techniques héritées du grès, selon la croyance des artisans de l'époque en la nécessiter de laisser "respirer" la céramique.

Epoque : première moitié du XIVe siècle.
Dimensions : H. 8 cm - D. 18 cm

Léger défaut de cuisson d'origine, cerclage probablement postérieur (l'état de la porcelaine n'est pas garanti sous la monture), traces d'usages.
Le talon comporte un éclat provenant d'un ancien test de thermoluminescence du CIRAM dont le résultat n'a pas permis de fournir d'indications chronologiques, avec la mention : " pas de résultat exploitable " (la température de cuisson très élevée des céramiques Yuan, 2000°C et plus, neutralisant les données d'analyse habituelles limitées à un point de fusion de 1650°C). Une copie du rapport scientifique du CIRAM sera remise à l'acquéreur.

Estimation : 20 000 / 30 000 € 

 


JAPON - Période AZUCHI-MOMOYAMA (1573-1603)
Exceptionnel tanto, la lame goutière en acier en forme de Ken bouddhique, signée Masanae, école de Nambu, datée du 24 août de la 5e année de l'ère Buroku (1597), le Habaki gravé de pointes lancéolées
La monture du début du XVIIe siècle, fabriquée pour une femme de Daimyo et sertie de plaques d'argent et d'argent doré, gravées de multipes phénix parmi les feuillages, leurs yeux également gravés, le Kozuka à poignée en argent du même décor
L. lame: 20,5 cm - L. totale: 38,5 cm

Estimation : 5 000 / 8 000 €





CHINE - Transition des règnes QIANLONG - JIAQING (Fin du XVIIIe siècle)
Très gande boussole divinatoire impériale en bois laqué jaune
Sur une face, une succession d'anneaux concentriques du système cosmologique chinois, combinant signes ou caractères divinatoires divers (Trigrammes, zodiaque chinois, points cardinaux et directions, calendrier perpetuel...), en noir et rouge sur fond jaune, une petite boussole vitrée au centre
A l'arrière, une carte du ciel figurant de multiples étoiles aux noms évocateurs : "miroir du ciel, pôle nord, etoile de l'empereur, portail de l'armée du sud, fleur du nord, auberge de l'étoile, chien du ciel, auberge des chevaux, le peuple Song"... Sur le bord, une inscritption à sept lettres: "Grand Qing, pavillon Buei (?), fabriqué pour l'Empereur" 
Fin du XVIIIe siècle
D. 51 cm

Estimation : 2 000 / 3 000 €




CHINE - Période QIANLONG (1735-1796)
Grande boîte lenticulaire en laque cinabre
Le couvercle à décor d'une dame de cour et d'un karako au panier, sur une terrasse d'un jardin aux arbres et rochers, surmontant un lac au vieux pêcheur sur une barque
Le gazon, les flots et le ciel simulés par trois trames différentes de motifs géométriques de rosaces hexagonales, triangles et grecques
La partie latérale à décor de huit fleurs bouddhiques et huit réserves ornées de branchages fleuris, sur fond tramé géométrique noir de rosaces carrées, les bordure et talon à frises de grecques
XVIIIe siècle 
H. 14 cm - L. 28 cm
Gerces

Estimation : 2 000 / 3 000 €


Expert : Akio SETO
Responsable de la vente : Thibault DELESTRADE
Informations et renseignements : lyon@debaecque.fr