DIVERS

Lot 114
Résultat : 4 200 €

DIVERS

VULCANOLOGUE/ ERUPTION DU VÉSUVE DE 1810. Manuscrit de 330 pages, de la première moitié du XIXe, en un volume in-4, ½ basane (usures à la reliure). Très beau manuscrit scientifique, illustré de nombreux dessins à la plume avec rehauts d'aquarelle, et d'une gouache. Il s'agit d'un véritable traité scientifique, s'appuyant sur les découvertes les plus récentes, couvrant les connaissances de l'époque en astronomie, physique, chimie, histoire naturelle, agrémenté de nombreux tableaux (certains dépliants) et de dessins (à pleine page ou dans le texte). L'auteur relate l'éruption du Vésuve de septembre 1810 à laquelle il a assisté. «[...]. Dans la matinée du 11, le feu a augmenté d'intensité, et la lave a coulé dans la partie de l'est et du sud de la montagne [...]. Curieux d'entendre et de voir de plus près un des plus effrayants phénomènes dont la nature puisse étonner l'esprit, et oubliant les malheurs de Pline, je suis parti de Naples sur les sept heures pour me rendre au pied du volcan, a fin de pouvoir arriver à son sommet pendant la nuit [...]. Mais pour arriver au cratère, il faut gravir presque à pic, une montagne de cendres où à chaque pas on enfonce à mi-jambe; deux compagnons de voyages, moi et deux guides que je m'étais procuré au bas de la montagne, nous mîmes deux heures à les gravir, et il était minuit lorsque nous arrivâmes au cratère. Le feu du volcan nous servait de flambeau, le bruit avait totalement cessé depuis deux heures [...]. Nous approchâmes du centre du cratère aussi près que la chaleur put le permettre, et au moyen du bâton d'un de mes guides, fendu par le bout, j'allumai mon cigare dans un ruisseau de feu qui coulait de la crête du volcan [...]. Toutefois la matière enflammée dans laquelle j'ai allumé mon cigare ressemble à un métal en fusion, mais quand cette matière coule, elle porte une espèce d'écume qui sefige par le refroidissement et forme alors des blocs de scories ou espèce de mâchefer, qui se brise et roule tout enflammé avec fracas jusqu'au pied de la montagne; une forte odeur de gaz acide sulfurique se dégage abondamment de ces sortes de scories, et par sa qualité caustique et pénétrante, rend la respiration dif»cile. Notre sécurité dans cette position était assez grande et je me préparais à parcourir le périmètre du cratère a fin d'en observer l'intérieur sous toutes ses faces, lorsqu'une détonation effroyable qui lança en l'air à plus de 200 toises d'élévation des quartiers de roches enflammées, vint nous avertir, comme par miracle, du danger que nous allions courir [...]. Nous n'étions pas encore rendus à l'hermitage qu'un bruit plus effroyable que jamais sefit entendre, et le volcan, dans toute sa fureur, commença à lancer une masse équivalente à quelques milliers de tombereaux de pierre et de quartiers de roches, à une hauteur prodigieuse, avec une force projective difficile à évaluer [...]. Placé sur un mamelon et me croyant hors de portée du danger, je réfléchissais sur les effets et les causes de ce grand événement physique; je m'aperçus au bout de quelques temps que les blocs enflammés que lançait le volcan diminuaient de grosseur, le bruit, le feu et la fumée paraissaient diminuer également d'intensité, et tout cela dans la même proportion. Ces circonstances ne permettent-elles pas de hazarder ici une conjecture? Ces quartiers de roches et de pierres à force d'être vomis et reçus [...] ne forment-ils pas la matière première de la lave? On serait d'autant plus fondé à le croire que l'explosion ayant cessé, le volcan, sans secousse, vomit une quantité énorme de lave en feu dans tous les sens de la croupe de la montagne, et je vis alors des rivières de feu couler sur un terrain que je venais de parcourir. La journée du 13 commença à peu près avec les mêmes circonstances que celle du 12 [...]. Mais vers les 4 heures après midi, un bruit effroyable et continuel accompagné de détonations fréquentes, annonça une nouvelle éruption. Les secousses du volcan étaient si violentes qu'au fort de l'oeuf, bâti sur un rocher, où j'étais alors commandant de la garnison, à la distance de près de quatre lieues, je ressentais toutes les oscillations d'un tremblement de terre. Sur les cinq heures, une nouvelle éruption commença et se prolongea bien avant dans la nuit; pour cette fois, la nature enflammée coula sur toutes les faces de la montagne, avec une force qui n'avait encore point eu d'exemple, tout le Vésuve était en feu, et la lave a causé de grands désastres, des maisons et des propriétés entières ont été englouties [...]. Le mont Vésuve n'était plus qu'une immense et vaste flamme, et le navigateur de bien loin aura pu contempler, à loisir, cette effrayante illumination de la nature». Ce passionnant récit est illustré d'une superbe gouache montrant l'éruption du Vésuve face à des pêcheurs napolitains (19,5 × 22 cm)
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